
Évidemment, se retrouver 1 parmi 500 concurrents, ça impressionne.
99 "standards"
132 "4.7"
279 "radials"
Pfffff ... et du beau monde !
Le plan d'eau aussi est impressionnant. La ligne de départ, loin, la-bas, à l'horizon, qu'on jurerait posée juste devant les îles.
Et puis il y a ces histoires qu'on raconte, le soir, pour effrayer les enfants ... "mistral à 27 noeuds", "bateau qui fait la machine à laver", "haut de mat cassé", "voile déchirée", "barre cassée", "safran perdu", "déssalage au portant", "sécurité inexistante" ... Mais ce ne sont que des histoires, tout le monde sait bien que le vent n'a jamais dépassé 30 noeuds, ou alors que quelques minutes ...
Pourtant.
Pourtant, il y a eu ces quelques manches où l'on est partis la peur au ventre, pas rassurés du tout de devoir quitter le port et encore moins rassurés au milieu de la baie, quand les voiles claquent, la mer blanchit d'écume, les vagues jouent avec le bateau. Alors on a tiré sur le hale-bas, sur la bordure, sur le cunningham, sur tout ce qui dépassait, comme on nous l'avait dit dans les livres.
Mais ça n'a pas suffit: les livres ne disent pas la difficulté à rester à plat, à faire avancer le bateau dans le clapot, à partir au portant, à rester debout au portant, à empanner... Tant de choses qu'on découvre sur place. Un peu surpris, un peu amers, un peu ébahis, aussi, de voir que finalement, c'est possible, les gars devant y arrivent, alors !
Alors ? Alors ... On a fait ce qu'on a pu. On s'est pris des bouffées d'adrénaline au vent arrière, des risées, des bascules, des adonnantes (peu), des refusantes (beaucoup), des départs crispés, des arrivées décontractées ... Et on est tous revenus: fatigués, heureux, (d')égouttés, motivés, désargentés, bronzés, courbaturés, salés, déssalés, dépaysés (cocher selon ton goût).
Mitigés, je te dis !





